La réponse
Cela dépend d'où vous êtes et de quand vous démarrez. Dans les communes qui ont instauré le changement d'usage, toute nouvelle demande d'autorisation pour exploiter un logement en meublé de tourisme suppose de produire un DPE classé entre A et E : une passoire classée F ou G ne peut pas obtenir l'autorisation. Au 1er janvier 2034, l'exigence se durcit et se généralise : les meublés de tourisme devront justifier d'un DPE de classe A à D. La résidence principale louée ponctuellement en courte durée échappe à ces exigences de classe. Un DPE en cours de validité reste toutefois demandé à l'enregistrement, quel que soit le cas.
Aujourd'hui : l'exigence est liée au changement d'usage
La loi Le Meur a créé un verrou énergétique à l'entrée du dispositif de changement d'usage. Là où une autorisation est nécessaire — donc dans les communes qui ont instauré le régime, et de plein droit à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Nice et en petite couronne — le demandeur doit joindre un DPE et celui-ci doit être classé au minimum E.
L'effet pratique est immédiat pour un investisseur : dans ces villes, acheter un F ou un G en vue d'une exploitation en courte durée revient à acheter un bien qu'on ne pourra pas exploiter tant que les travaux n'auront pas été faits. Le coût de la rénovation énergétique doit entrer dans le plan de financement, au même titre que la compensation.
Hors de ces communes, aucune classe minimale n'est aujourd'hui exigée pour louer en meublé de tourisme. Un logement classé G situé dans une commune sans changement d'usage peut donc être loué légalement — sous réserve, bien entendu, du respect de toutes les autres obligations.
2034 : la généralisation
À compter du 1er janvier 2034, les meublés de tourisme devront justifier d'un DPE de classe A à D. Les propriétaires qui exploitent déjà disposent ainsi d'une décennie pour se mettre en conformité — le stock existant classé F ou G bénéficie d'un sursis jusqu'à cette date.
L'échéance paraît lointaine ; elle ne l'est pas à l'échelle d'un investissement immobilier. Un bien acheté aujourd'hui et classé E sera hors des clous en 2034 s'il n'est pas remonté d'une classe. Sur un horizon de détention classique, la question de la rénovation se pose donc dès l'acquisition, pas en 2033.
L'exception de la résidence principale
Louer sa propre résidence principale quelques semaines par an n'entre pas dans cette logique : le logement n'est pas transformé, il reste votre habitation. Les exigences de classe ne s'y appliquent pas.
Cette exception ne dispense pas de la déclaration soumise à enregistrement, ni du respect du plafond de nuitées — 120 jours par an, ou 90 dans les communes qui l'ont abaissé.
Ne pas confondre avec la location nue
Le calendrier applicable aux meublés de tourisme est distinct de celui de la loi Climat et résilience, qui concerne les logements loués à usage de résidence principale du locataire : interdiction de louer les G depuis 2025, les F à partir de 2028, les E à partir de 2034.
Deux calendriers, deux périmètres, deux logiques. Un propriétaire qui bascule un bien de la location longue durée vers le meublé de tourisme, ou l'inverse, change de régime énergétique en même temps que de modèle d'exploitation.
Le DPE demandé à l'enregistrement
Indépendamment des exigences de classe, la déclaration soumise à enregistrement d'un meublé de tourisme suppose de fournir un DPE en cours de validité. Le maire peut en outre exiger sa transmission et sanctionner le défaut de production.
Anticipez le délai : un DPE se commande, se réalise sur place, et sa réalisation conditionne le dépôt du dossier. Vérifiez également sa date : les DPE réalisés selon d'anciennes méthodes ont des durées de validité limitées.
À retenir
- Dans les communes à changement d'usage, une nouvelle autorisation suppose un DPE classé A à E : un F ou un G est bloqué.
- Au 1er janvier 2034, l'exigence passe à la classe D pour les meublés de tourisme.
- Le stock déjà exploité bénéficie d'un sursis jusqu'à cette échéance de 2034.
- La résidence principale louée ponctuellement n'est pas soumise à ces exigences de classe.
- Le calendrier des passoires en location nue (G en 2025, F en 2028, E en 2034) est un dispositif distinct, à ne pas confondre.
Vérifier votre situation
Ce qui n'est pas encore tranché
- Le périmètre territorial exact de l'exigence de classe A à D au 1er janvier 2034 fait l'objet de lectures divergentes : la majorité des commentaires l'appliquent à l'ensemble des meublés de tourisme de métropole hors résidence principale, d'autres la limitent aux locaux soumis à autorisation de changement d'usage. À confirmer sur le texte consolidé avant d'engager un programme de travaux.
- Les modalités de contrôle du DPE par les communes et le montant des sanctions attachées au défaut de production restent peu documentés en pratique.
Sources
Mise à jour : 2026-08-01