La réponse
Oui, dans la quasi-totalité des cas. La taxe d'habitation a disparu pour les résidences principales mais reste due pour les logements meublés qui n'en sont pas, ce qui vise la plupart des meublés de tourisme. L'administration a confirmé qu'elle se cumule avec la cotisation foncière des entreprises : payer la CFE ne vous en dispense pas. L'exonération prévue par l'article 1407 du code général des impôts pour les locaux à usage exclusivement professionnel existe, mais elle suppose l'absence de toute jouissance personnelle du logement et l'administration l'apprécie strictement. S'y ajoute, dans les communes en zone tendue, une majoration votée de 5 à 60 % : 1 628 communes l'appliquent selon les dernières données DGFiP.
Le principe : la THRS reste due
La taxe d'habitation est établie au nom des personnes qui ont la disposition ou la jouissance des locaux imposables, en application des articles 1407 et 1408 du code général des impôts. Elle est due pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation autrement qu'à titre principal — donc pour un meublé de tourisme qui n'est pas votre résidence principale.
Le loueur, et non le voyageur, en est redevable : c'est lui qui a la disposition du bien hors périodes de location. Elle est calculée sur la valeur locative cadastrale et due au 1er janvier de l'année d'imposition.
La double imposition CFE et taxe d'habitation
Beaucoup d'exploitants découvrent avec surprise qu'ils paient les deux. C'est pourtant la règle : les personnes qui exercent l'activité de location de meublés de tourisme sont imposables à la CFE au titre de l'article 1447 du code général des impôts, et cette imposition ne fait pas disparaître la taxe d'habitation.
Bercy l'a confirmé en réponse à plusieurs questions parlementaires : un logement meublé loué qui ne constitue pas la résidence principale du contribuable est imposable à la fois à la CFE et à la THRS. La seule atténuation notable est l'exonération de CFE prévue à l'article 1459, 3° du même code lorsque les locaux loués en meublé sont compris dans l'habitation personnelle du loueur — sauf délibération contraire de la commune.
L'exonération de taxe d'habitation pour usage exclusivement professionnel, elle, suppose de démontrer qu'aucune jouissance personnelle n'est possible : logement dédié en permanence à l'activité, sans effets personnels, sans période d'occupation par le propriétaire. Une résidence secondaire louée une partie de l'année et occupée le reste du temps par son propriétaire n'y répond pas.
La majoration, jusqu'à 60 %
L'article 1407 ter du code général des impôts autorise les communes situées dans le périmètre de la taxe sur les logements vacants — la zone tendue — à majorer de 5 à 60 % la part communale de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Une commune hors de ce périmètre ne peut pas le faire.
Selon les données fiscales de la DGFiP publiées sur data.gouv.fr, 1 628 communes appliquent cette majoration, un grand nombre au taux maximal de 60 % : Paris, Lyon, Bordeaux, Nice, Montpellier, Saint-Malo ou Biarritz en font partie. La liste et les taux sont consultables commune par commune sur notre page dédiée.
L'effet sur un modèle économique est direct. Sur un bien dont la taxe d'habitation s'élève à 1 500 €, une majoration de 60 % représente 900 € par an de charge supplémentaire, due que le logement soit loué trois semaines ou trente. C'est une ligne à intégrer au calcul de rentabilité avant l'achat, pas à découvrir sur l'avis d'imposition.
Ne pas confondre avec la taxe sur les logements vacants
La taxe sur les logements vacants frappe les logements inoccupés. Un meublé de tourisme effectivement proposé à la location et occupé, même par intermittence, n'est pas vacant : il relève de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, pas de celle-ci.
En cas de taxation à tort, conservez les justificatifs d'occupation — relevés de réservations, quittances de taxe de séjour, factures de ménage — qui établissent que le logement était bien exploité.
À retenir
- La taxe d'habitation reste due pour tout logement meublé qui n'est pas une résidence principale, y compris exploité en meublé de tourisme.
- Elle se cumule avec la CFE : payer l'une ne dispense pas de l'autre, l'administration l'a confirmé.
- L'exonération pour usage exclusivement professionnel suppose l'absence totale de jouissance personnelle et s'apprécie strictement.
- En zone tendue, la commune peut majorer de 5 à 60 % ; 1 628 communes le font selon les données DGFiP.
- Une commune hors zone tendue ne peut pas majorer, mais une commune tendue peut délibérer à tout moment.
Vérifier votre situation
Ce qui n'est pas encore tranché
- Les taux de majoration publiés par la DGFiP portent sur l'exercice 2025 : ils sont votés chaque année et peuvent avoir évolué depuis. Votre avis d'imposition fait foi.
- Les conditions exactes de l'exonération de taxe d'habitation pour usage exclusivement professionnel donnent lieu à des appréciations variables des services fiscaux : la position doit être sécurisée avant d'être appliquée.
Sources
Mise à jour : 2026-08-01