D'où vient le chiffre
De la base des demandes de valeurs foncières, que la Direction générale des Finances publiques ouvre depuis 2019 et qu'Etalab géocode. Elle recense les mutations publiées au fichier immobilier, c'est-à-dire les ventes constatées par acte notarié. Ce ne sont donc ni des annonces, ni des estimations, ni des déclarations d'intention : ce sont des prix signés.
Nous n'en retenons que ce qui se ramène honnêtement à un prix au m². Seules les ventes — ni adjudications, ni échanges, ni ventes en l'état futur d'achèvement, qui portent un bien qui n'existe pas encore. Seules les mutations qui ne comprennent qu'un logement et aucun local d'activité : un prix qui couvre deux appartements ne se divise pas. Les dépendances — cave, garage, parking — restent comptées dans la vente, comme elles le sont dans la réalité.
Ce que ce chiffre ne dit pas
Il rapporte le prix porté à l'acte à la surface bâtie. Cette valeur foncière peut comprendre du mobilier ; elle ne comprend ni les frais d'acte, ni la commission d'agence. Elle ignore l'état, l'étage, l'exposition, la vue, les travaux et le diagnostic énergétique — tout ce qui, à surface égale, sépare deux biens de trente pour cent.
Ce service informe sur des prix constatés ; il n'estime aucun bien. Une médiane décrit ce qui s'est vendu dans une commune. Elle ne dit pas ce que vaut un logement précis, et elle ne remplace ni l'avis d'un professionnel, ni une expertise.
Deux biais que nous n'avons pas corrigés, et pourquoi
La part du marché que ce chiffre voit change du simple au double selon le territoire. Pour ramener un prix à un mètre carré, il faut une vente qui porte un logement et un seul. Or en Lozère, la moitié des ventes enregistrées porte de la terre, une grange ou un pré — des ventes bien réelles, auxquelles aucun prix au mètre carré habitable ne s'applique. Résultat mesuré sur cinq millésimes : nous retenons 35 % des ventes en Lozère, 48 % dans le Cantal, 62 % dans l'Hérault et 71 % à Paris. Ce que vous lisez sur une commune rurale décrit donc le marché des logements vendus seuls, qui n'y est pas le marché. Deux communes de densité très différente ne se comparent pas comme si leurs chiffres reposaient sur la même couverture.
Le prix d'un garage est compté, sa surface ne l'est pas. La surface bâtie de référence exclut les dépendances, mais le prix porté à l'acte les comprend : un appartement vendu avec sa cave et son parking affiche donc mécaniquement un prix au mètre carré un peu plus élevé. Nous ne le corrigeons pas, pour une raison que la mesure impose : l'écart n'est pas stable. Entre les appartements vendus avec dépendance et ceux vendus sans, il va de +21,5 % en Lozère à −5,4 % dans les Hauts-de-Seine, en passant par −0,1 % à Paris. L'effet arithmétique est réel, mais il est dominé par un effet de composition — un appartement vendu avec un parking n'est pas le même bien qu'un appartement vendu sans — et les variables disponibles ne permettent pas de séparer les deux. Appliquer un taux de correction uniforme serait faux presque partout.
Les exclure serait pire : les dépendances accompagnent près de trois ventes d'appartement sur quatre. Le chiffre publié porte donc le logement et ce qui se vend avec lui — ce qui est aussi, pour un acheteur, ce qu'il paie.
Pourquoi votre commune n'a peut-être pas de chiffre
Deux raisons, et une seule est un manque de données.
L'effectif. Nous ne publions aucun prix en dessous de 20 ventes, et aucune fourchette de quartiles en dessous de 50. Ce n'est pas de la prudence d'affichage : nous avons mesuré la stabilité de ces chiffres en les recalculant sur des tirages de taille croissante. À cinq ventes, une commune sur dix afficherait un prix faux de plus d'un quart. À vingt, l'écart typique tombe à cinq pour cent. Quand une année seule ne suffit pas, un cumul sur 3 millésimes prend le relais, et la page dit toujours lequel des deux elle affiche.
Ces seuils sont notre arbitrage, et ils coûtent : ils font passer la couverture de vingt-huit mille communes à 13 847. Nous avons préféré quatorze mille chiffres défendables à vingt-huit mille chiffres dont la moitié ne l'est pas. Aucune norme ne nous l'imposait — le secret statistique ne couvre pas cette base, qui est une publication administrative et non une enquête — ; c'est une règle que nous nous donnons, et que nous écrivons pour que vous puissiez la juger.
Le livre foncier. La Moselle, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et Mayotte ne relèvent pas de la publicité foncière mais du livre foncier : leurs ventes ne figurent pas dans cette base, et aucune de leurs communes n'a de page ici. Ce n'est pas un trou dans notre relevé, c'est le périmètre de la source — et cela ne dit rien de leur marché.